L’âge de raison pour le prix de l’Art du Jardin

Mme Natalia Smalto, fondatrice du pris de l'Art des jardins, encadrée d'une partie du jury, annonce le lauréat 2026 le 24 mars à Paris;

Mme Natalia Smalto, fondatrice du prix de l’Art des jardins, entourée d’une partie du jury, annonce le jardin lauréat le 24 mars 2026 à Paris.

Le 7e prix de l’Art des jardin a été attribué au jardin de la Mothe en Aveyron. La fondation Signature, à l’origine de cette distinction, l’a annoncé le 24 mars 2026 à Paris.

Cette reconnaissance de qualité a pour objectif de mettre en valeur chaque année un jardin issu du vivier des jardins remarquables, domaines ouverts au public, en métropole, en Belgique et dans les territoires d’Outremer. Un label partenaire du ministère de la Culture et, à ce titre, particulièrement attentif à valoriser l’aspect esthétique et patrimonial des lieux qu’il sélectionne.

 

Un jardin à l’image de sa créatrice

Le prix de l’Art des jardins a, pour sa part, un regard sur le temps long et le savoir faire, des mots mêmes de sa fondatrice, Mme Natalia Smalto. C’est ce qui transparaît à travers le choix du jardin de la Mothe. Un vrai jardin d’auteur qui ressemble à la femme qui l’a conçu. Un terrain de jeu de 3 500 m2 que Marion Wilson a modelé au gré de ses envies. C’est un endroit qui a grandi avec sa famille, avec ses lieux secrets, son art du trompe l’œil et des fenêtres ouvertes sur le paysage comme autant de tableaux accrochés aux murs des haies de charmes. Les végétaux y abondent, fruits des tâtonnements et des compromis avec les éléments. Car, comme son nom l’indique, l’enclos est sur une éminence et battu de vents turbulents. Les plantations se doivent d’être résistantes au sec comme au froid, aux chahuts les plus bourrus de l’air et du soleil.

 

Le mélange des arts

La jardinière de ce domaine est peintre et musicienne. Ce mariage d’expressions est aussi l’un des ingrédients qui intéressent le jury du prix, un jury où se croisent parfumeurs, journalistes, conservatrices et historiennes, photographes et paysagistes. Comme si dans sa sensibilité, un paysage jardiné ne pouvait pas se passer des autres formes de créativité.

C’est ce mélange qui anime aussi un autre événement de la fondation, le festival Signature qui pour sa troisième édition aura lieu au jardin de Valombreuse en Guadeloupe. Chaque année, à l’automne, ces rencontres nomades se posent dans un jardin remarquable et y déposent les plus talentueux de leurs artistes lauréats, plasticiens, jardiniers, peintres, costumiers, musiciens. Pour créer, le temps d’une soirée, une nouvelle page en phase avec l’aura du jardin hôte.

 

Deux finalistes

Le premier arrivé en finale, parmi les 17 prétendants au titre, est le jardin de la villa Santa Lucia à Marseille. C’est un jardin patrimoine, qui a su conserver ses décors de rocailles du XIXe siècle et résiste, dit le jury, aux assauts des promoteurs aussi valeureusement que le petit village gaulois. Un hectare de tunnels, grottes, cascades et de végétation méditerranéenne rare, installée sur des restanques, domine la corniche et la mer dans le quartier de Roucas-Blanc.

Le second finaliste est en Guadeloupe. Le parc floral de Valombreuse est ouvert aux familles toute l’année, très axé sur la pédagogie et la sensibilisation des enfants à leur environnement végétal et animal. C’est aussi un conservatoire très riche en espèces qui entend jouer un rôle considérable d’apprentissage au respect de la biodiversité.